Transport - Dans un article paru mardi 18 octobre dans le Progrès, Jean Louis Gagnaire et d’autres élus rhônalpins réagissent aux propos de la ministre de l’écologie et des transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, tenus dans son courrier adressé au préfet de Région, Jean-François Carenco, sur le dossier de l’A45.
Article du Progrès du 18 octobre 2011
Rhône – Loire. A 45 : l’État demande 350 millions d’euros aux collectivités pour s’engager
Lyon Saint-Etienne. Un courrier de la ministre des Transports au préfet de Région confirme la nécessité d’un engagement des collectivités de la Loire et du Rhône.
« L’A 45 se fera » a confirmé Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, dans une lettre envoyée il y a quelques jours au préfet de Région, Jean-François Carenco.
Un écho au discours de Nicolas Sarkozy le 6 septembre dans la Loire, quand le président de la République avait annoncé que ce segment autoroutier était toujours dans les cartons.
Cependant, l’obstacle du financement n’était pas réglé pour autant. Et la lettre de Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas éclairé le projet sous un jour nouveau. Le contenu était même largement prévisible.
L’A45 se fera, dit la ministre, mais à une condition : trouver une subvention d’équilibre de 700 millions d’euros, sur un projet dont le coût était estimé à 1,2 milliard d’euros en 2009. La somme pourrait donc encore grimper.
Jean-François Carenco, a programmé de son côté une réunion avec tous les représentants des collectivités concernées (1), mi-novembre, afin que chacune se détermine sur le montant éventuel de leur participation.
Sachant que l’État interviendra normalement à hauteur de 350 millions d’euros, il restera donc aux collectivités à se partager l’autre moitié du financement public.
Dans le Rhône, ni le Grand Lyon ni le conseil général ne veulent payer si l’A45 débouche trop près de la capitale des Gaules, Et la Loire n’est pas plus emballée à l’idée de mettre la main à la poche.
On se demande donc bien ce qui va se dire dans le bureau de Jean-François Carenco le mois prochain.
Sans engagement concret, pas d’autoroute. Et tout cela à six mois de l’élection présidentielle. Que se passera-t-il en cas d’alternance à l’Elysée en 2012 ? L’A45 n’a pas fini d’être un serpent de mer.
(1) : Conseil général du Rhône, de la Loire, Région, SEM, Grand Lyon
Les réactions :
« Une manière de tuer l’A45″, Jean-Louis Gagnaire, vice-président PS de Rhône-Alpes et député de la Loire
« Il est complètement impensable pour les collectivités d’engager 350 millions d’euros. On ne peut pas demander 60 % du financement et mettre en place un péage. Je crois que le gouvernement a mis tous les ingrédients pour que les collectivités refusent et que l’A 45 ne se fasse pas ».
« Un cirque permanent », Maurice Vincent, Président PS de Saint-Etienne Métropole
« L’A 45 a été déclarée d’utilité publique et voilà deux ans et demi que le dossier est bloqué. Depuis l’arrivée de Michel Mercier (président du conseil général du Rhône), c’est encore pire. Il est invraisemblable de lancer un appel d’offres en disant à l’avance qu’il y a besoin d’une subvention de 700 millions d’euros, dont la moitié à la charge des collectivités locales, c’est énorme. J’ai l’impression que l’État fait tout pour que cette autoroute ne se fasse pas. C’est une forme de mépris de sa part dans un cirque permanent ».
« Des réponses devront être données » , Bernard Bonne, Président UMP du conseil général
« Une réunion est prévue mi-novembre autour du préfet de Région avec les collectivités locales directement concernées par la réalisation de la future A 45. Des réponses devront être alors données. Le temps n’est pas à des déclarations prématurées des uns ou des autres qui pourraient avoir des effets contre-productifs ».
Rappelons que lors de la venue du président de la République dans la Loire, Bernard Bonne avait dit qu’il était « convaincu que l’A45 sera rentable. Lorsque l’appel d’offres sera lancé, la capacité pour le concessionnaire choisi de financer en grande partie, voire en totalité, apparaîtra clairement ».
« Des manières d’Ancien régime », Jean-Jack Queyranne, président PS de Rhône-Alpes
« J’ai déjà exprimé mon refus de mettre de l’argent dans l’A 45. En outre, la Région n’intervient jamais sur l’autoroutier. La sollicitation des collectivités me scandalise. Qu’est-ce que c’est que ces manières d’Ancien régime ? Le temps des fermiers généraux ponctionnant les provinces n’est pas revenu. Cette méthode est scandaleuse, l’Etat n’a pas à se défausser sur les collectivités locales. De plus, on avance dans le brouillard : on ne connaît pas le coût du projet, ni le tracé, ni le contenu des appels à concession ».
« Tant qu’elle débouche près de Lyon…, »Gérard Collomb, président PS du Grand Lyon
Le maire de Lyon n’entend toujours financer le moindre euro, « tant que le projet d’A 45 débouche près de Lyon ». Gérard Collomb l’a répété hier matin en marge d’une conférence de presse comme il l’avait dit à notre journal le mois dernier. « Il est hors de question que cette autoroute arrive dans le méli-mélo de la circulation, qui est déjà saturée au sud de Lyon. Les personnes venant de Saint-Etienne qui veulent aller en direction du Sud n’ont aucune raison de déboucher aux portes de Lyon. Ce barreau ferait également fonction de contournement Sud de Givors et apporterait ainsi une solution à un autre problème existant ».