Politique-Jean Louis Gagnaire a invité Pierre Moscovici, député du Doubs et ancien Secrétaire d’Etat aux affaires européennes, à participer à une conférence de presse à sa permanence parlementaire à l’occasion de sa venue à Saint-Etienne pour une conférence sur Barack Obama qu’il a donnée avec Olivier Richomme, maître de conférence en civilisation américaine à l’invitation des jeunes socialistes de la Loire.
Jean Louis Gagnaire a ouvert la conférence de presse en insistant sur la montée de l’inquiétude économique et sociale qui va nécessairement s’exprimer lors de la manifestation du jeudi 29 janvier 2009 après trop de promesses de Nicolas Sarkozy non tenues. Face aux difficultés, le Président de la République tente de réduire toutes les formes d’opposition comme en restreignant le droit d’amendement des parlementaires, en prenant le contrôle de l’audiovisuel par la nomination des dirigeants des chaines publiques ou encore avec la suppression des juges d’instruction.
En l’absence de médiation politique et de dialogue social, on peut craindre une dérive dangereuse de la contestation sociale.
Jean Louis Gagnaire a souligné, en conclusion, le contraste entre l’attitude arrogante de l’UMP et la cérémonie d’installation de Barack Obama. Bien que de nature présidentielle, le système politique américain, respecte le Congrès et le Sénat et laisse au délibératif plus de pouvoir qu’en France, ce qui devrait collectivement nous inspirer. Enfin, le nouveau Président américain a pris la mesure des enjeux économiques et sociaux en décidant de mesures claires et massives en faveur du redémarrage des Etats Unis particulièrement mal menées par les politiques ultra libérales de l’administration Bush qui avait tant inspiré Nicolas Sarkozy !

Maurice Vincent a accueilli Pierre Moscovici dans une ville de Saint-Etienne dirigée par la Gauche pour la première fois depuis 25 ans. Il a également fait part son inquiétude pour l’avenir.
Johann Cesa, animateur du MJS de la Loire, a présenté le déroulement de la conférence du soir. Barack Obama inspire le changement, c’est un sujet de réflexion pour tous.
Pierre Moscovici a commencé son intervention en revenant sur le contexte économique et social avec une remontée du chômage forte et rapide qui touche beaucoup les territoires industriels comme Saint-Etienne ou son département du Doubs. Le besoin d’opposition, le besoin de gauche est urgent.
Nicolas Sarkozy ne sait pas comment faire face à la crise et il ne dispose plus de la Présidence de l’Union Européenne pour apparaître comme étant à l’initiative. Le plan de relance est trop faible et déséquilibré, il ne dit rien sur le pouvoir d’achat et sur la nécessité d’une relance par la consommation.
L’accès au crédit est toujours très difficile et l’Etat s’est privé de tout moyen d’influencer la politique du crédit en refusant d’entrer dans le capital des banques au contraire d’autres pays.
Le mécontentement social est très fort et pour la 1ère fois depuis le CPE, les syndicats se présentent en un front totalement uni à la manifestation de jeudi 29.
Nicolas Sarkozy mène une grande offensive contre les libertés avec la loi audiovisuel (nomination du président par l’Elysée et affaiblissement du CSA), la réforme des droits du Parlement qui abaisse le droit d’amendement ou encore la suppression du juge d’instruction qui témoigne d’une volonté de bloquer la sortie des « affaires »
Le besoin de gauche, c’est le besoin d’un Etat stratège, c’est le besoin de nouvelles régulations au niveau européen et international. La crise appelle le retour aux valeurs de gauche, le recours à la puissance publique, à des services publics forts. Au-delà de ses discours, la réalité de la politique de Nicolas Sarkozy, c’est le retrait de l’Etat.
Nous avons besoin d’une gauche européenne au Parlement alors qu’il n’y a jamais eu autant de gouvernements conservateurs et que la commission européenne n’a jamais été aussi conservatrice.
Obama représente un espoir mondial. Il suscite une confiance de l’opinion publique unique. Il va injecter 700 milliards de dollars dans l’économie soit une relance représentant 3 à 4% du PIB. Il lance de grands programmes notamment pour la construction et l’éducation. C’est un programme très keynésien et la volonté de changer les choses est manifeste. Obama doit nous stimuler.
Aujourd’hui, la gauche est là. Après avoir été paralysée par le Congrès au cours duquel il s’est montré trop centré sur lui-même, le PS est de nouveau au travail. Sa présence au Parlement est forte. La motion de censure qui sera soutenue mardi 27 janvier sert à dénoncer la politique du gouvernement et démontrer l’existence d’une alternative. Le plan de relance proposé par le PS est plus fort et plus équilibré entre l’investissement et la consommation. La relance de la consommation est essentielle. L’économie ne peut fonctionner sans clients.
Si le PS souhaite être présent dans le mouvement social c’est parce qu’il faut contraindre Nicolas Sarkozy à sortir de l’autosatisfaction.
Le PS doit passer au stade du projet et du rassemblement. Le rassemblement doit commencer avec les listes pour les élections européennes. Le PS a le devoir historique de remporter les élections de 2012 parce que l’expérience Sarkozy est trop traumatisante pour la France. Elus, militants et dirigeants, nous en sommes comptables devant les français.