De la mission à la démission
Si l’on est libre de s’engager sur une liste municipale, tout élu a la même latitude pour s’en retirer, quelle que soit la raison invoquée. Choix délibéré, mais aussi parfois contraint, voire forcé.
Il en va de l’engagement citoyen comme pour tout autre type d’union, maritale ou professionnelle. Le « contrat » passé reste résiliable par l’une ou l’autre des parties et ce, quelle que soit la raison. Pour un élu, ce peut être simplement dû à un cumul de mandats. Ce fut notamment le cas pour Jean-Louis Gagnaire qui figurait en 3erne place sur la liste de Maurice Vincent à SaintÉtienne. Une caution de crédibilité apportée au projet économique de la nouvelle équipe, d’autant que le nouvel élu se destinait logiquement à prendre les rênes de cet important domaine au niveau de l’agglo, sans cacher d’ailleurs que cette fonction l’intéressait bien plus qu’un poste de maire bis, fusse d’une ville de l’importance de Saint-Étienne. Bien que la décision de l’intéressé, qui a démissionné dès le premier conseil municipal du 21 mars 2008, ait été prise après réflexion et concertation, elle constituait une demie surprise puisque l’élu savait bien qu’il devrait en cas de victoire abandonner l’un de ses mandats.
Fraîchement vainqueur des législatives, il était évident qu’il resterait député, et il pouvait paraître logique qu’il souhaite par ailleurs conserver sa prestigieuse casquette de vice-président de la Région, d’autant que cette délégation était jugée « indispensable» pour la Loire. Au même titre, on peut s’étonner des démissions relevant simplement d’une indisponibilité vis-à-vis de ses propres contingences professionnelles, puisque l’engagé(e) est censé(e) savoir ce qui l’attend en prenant de nouvelles responsabilités.
A Saint-Chamond par exemple, élue sur la liste majoritaire, Mme Zibida Guemra qui œuvre dans un centre social a également rendu son tablier dès le premier conseil municipal pour raisons professionnelles. Plus récemment au sein de la même municipalité, mais dans l’équipe d’opposition, c’est Laurence Lajoie qui a choisi de se défaire de son mandat. »Ce n’est pas un problème politique, je n’ai pas d’étiquette et ne suis pas encartée » prècise t-elle en justifiant des incidences personnelles et professionnelles. Si elle avoue »qu’il est difficile de gérer le planning quand on est dans l’opposition, où l’on est juste invité aux réunions », cette employée de laboratoire qui se lève très tôt ne cache pas qu’elle aurait réduit ses activités professionnelles si elle avait été élue (…)
Contraint ou forcé
Bien sûr, les dissensions qui peuvent naître au sein d’une équipe -et notamment vis-à-vis du maire-tout comme le constat d’une inadéquation entre le projet et la réalité, sont autant de raisons qui peuvent entraîner une démission. C’est le cas à Firminy pour Alain Jamet, « pièce rapportée » de la liste socialo-écologiste qui a fusionné au second tour avec celle de Marc Petit et qui lui a valu d’être élu délégué de Chazeau. En avril dernier, il déclarait »ne pas se sentir bien au sein d’une équipe où (il) n’a jamais trouvé sa place « , stigmatisant la gestion du maire « sans véritable projet politique ». Ayant tourné la page et ne voulant plus s’exprimer sur le sujet, il déclare avoir » envoyé un signal fort pour faire bouger les choses dans la relation et la concertation, pour le bien des Appelous ». Moins clair, en opposant un « no comment » de rigueur, le cas de Michel Duffy, toujours à Firminy, alimente la polémique. En provenance du monde associatif, cet ancien enseignant qui a d’ailleurs eu pour élève le Maire Marc Petit, était adjoint au Développement durable.
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