Intervention de Jean Louis Gagnaire
La CGPME a choisi le Zénith de Saint-Etienne pour sa 9ème convention régionale. En tant que député stéphanois et vice-président chargé du développement économique en Rhône-Alpes, c’est avec un plaisir particulier que je représente aujourd’hui le Conseil régional et son Président Jean-Jack Queyranne.
Vous avez choisi de consacrer cette journée à une interrogation, que d’aucuns pourraient juger quelque peu provocatrice dans la mesure où dans notre société, l’opinion publique a parfois tendance à considérer humanisme et entreprise comme des termes antinomiques. Mais c’est assurément une question très opportune dans le contexte actuel.
Notre pays, comme bien d’autres, les entreprises et les hommes qui le composent, font face à une crise économique d’une gravité dont nous ne pouvons pas encore mesurer l’ampleur.
Sans régulation et privée de systèmes d’intervention internationaux et nationaux puissants, une économie complètement virtuelle a précipité l’économie réelle dans la crise. L’économie virtuelle a permis d’engager des sommes irréelles depuis des écrans d’ordinateurs, avec des produits financiers sophistiqués au-delà de l’imagination permettant des investissements limités à quelques secondes… on en mesure après coup les résultats.
A l’opposé, l’économie réelle, c’est celle des entrepreneurs, du travail, de la création d’emploi et des investissements à long terme. L’économie réelle, c’est celle où les dirigeants et les salariés ont un intérêt commun à la réussite de leur entreprise.
Si la crise financière a démontré toute l’inhumanité d’une économie virtuelle qui pousse les hommes à l’irrationalité, l’homme a assurément sa place dans l’économie réelle, il a toute sa place et peut se réaliser dans le lieu incarné de l’entreprise.
C’est cette économie des entreprises à taille humaine, des entrepreneurs engageant leur capital et leur volonté dans des investissements de long terme, créateurs d’emplois et produisant des richesses réelles que nous devons aujourd’hui soutenir pour éviter les erreurs du passé et construire un avenir positif.
Dans notre région, l’impact de la crise est profond. 250 000 Rhônalpins sont aujourd’hui au chômage, la reprise est erratique et reste faible, elle ne créé pas d’emplois, l’emploi industriel est toujours en recul… Les carnets de commande sont toujours insuffisamment remplis, nombre de PME font face à des difficultés de trésorerie, l’accès au crédit bancaire reste toujours aussi difficile et l’investissement ralentit.
Face à cette situation, j’espère que les dirigeants des principales économies de la planète sauront faire cause commune lors des G8 et G20 organisés à partir d’aujourd’hui à Toronto :
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On peut espérer qu’ils n’abandonneront pas trop vite les mesures de soutien à l’économie, car une politique de rigueur budgétaire trop appuyée ne permettra pas la croissance et affaiblira encore un peu plus la demande sans laquelle une reprise solide ne sera pas envisageable.
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Je forme également le souhait qu’ils aboutissent sur la réforme de la régulation financière.
Plus près de nous, je souhaite que l’on puisse tirer parti des débats organisés au cours des Etats généraux de l’industrie entre les milieux économiques, les partenaires sociaux et l’ensemble des collectivités publiques.
Pour ce qui concerne la région Rhône Alpes, je considère que la sortie de crise passe par la défense et le développement de notre tissu de PME. Notre région possède une histoire industrielle riche, l’innovation et l’ouverture vers l’international constituent son identité. Nous faisons donc le choix clair de l’industrie et de l’innovation comme moteur de développement.
La crise appelle à la défense de l’économie impliquant les hommes et ayant des répercussions positives sur leurs conditions de vie. Nous faisons le choix clair de l’économie réelle et des hommes.
Ces principes d’action sont au cœur de notre politique économique :
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Dispositifs FRAU dirigeants et FRAU salariés pour accompagner les entreprises en situation de retournement.
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Accompagnement des mutations économiques (vallée de l’Arve – Oyonnax – Bourg en Bresse et tous les territoires volontaires)
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Veille économique des entreprises. La Région suit notamment 150 entreprises en difficulté.
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Un effort accentué sur la formation, au plus près des bassins d’emploi.
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Le maintien de l’effort en matière d’apprentissage. Les effectifs Rhônalpins restent stables alors que le pays déplore une baisse sensible des effectifs.
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Economie sociale et solidaire.
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Plan PME, aider le développement des entreprises et renforcer les relations entre donneurs d’ordres et sous-traitants dans une région représentant 20% de la sous-traitance française. Accompagner les PME en garantie, en capital, avec la valorisation des innovations.
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Création d’un fonds régional d’investissement doté de 30 millions d’euros au départ…
J’arrête là l’énumération de l’action économique de la région après le 1er plan de soutien à l’économie de décembre 2008. Je préfère parler souligner notre méthode de travail qui permet d’associer l’ensemble des partenaires sociaux régionaux à la définition de nouveaux instruments d’intervention.
Ainsi, je vais mettre en œuvre la proposition de la CGPME d’accompagnement sur le conseil financier, de gestion et managérial auprès des dirigeants des PME. Ce dispositif sera intégré au plan PME déjà évoqué plus haut.
Dans tous les cas, nous recherchons une gestion souple et déléguée, par exemple le FRAU dirigeants, qui doit beaucoup au travail de la CGPME, géré avec les organisations patronales. Nous voulons aussi avancer sur les délais de traitement. C’est par exemple les délais très courts sur les garanties OSEO ou encore un délai de paiement plus court de 28 jours pour les marchés publics engagés par la Région.
J’ai toujours dit aux services de la Région qu’il fallait être dans le temps des entreprises… ce qui signifie que les modalités de soutien aux entreprises doivent être simples à mettre en œuvre, claires et souples.
Nous aborderons les enjeux de demain dans le même esprit. Je pense à la transmission d’entreprise, à l’investissement, à l’innovation, à la croissance verte ou aux mutations industrielles.
Ainsi, nous réviserons prochainement le SRDE avec la conférence sociale. Nous pourrons à cette occasion définir ensemble de nouveaux objectifs stratégiques.
La crise doit permettre la refondation de notre économie. Elle impose de faire le choix de l’économie réelle, de l’économie des entreprises et des entrepreneurs, de l’économie qui produit des richesses réelles au service des hommes.
Face à la crise, le rôle des acteurs publics est de se tenir aux côtés des entreprises et des hommes qui les animent car ils constituent le cœur de l’économie et la richesse est le produit de leur travail.
Je vous souhaite une très bonne convention à Saint-Etienne,
Je vous remercie.