La Présidence de Nicolas Sarkozy est caractérisée par l’utilisation systématique des événements suscitant l’émotion de nos concitoyens. Mais si cette émotion est souvent légitime, les intentions du Président de la République sont parfois bien plus politiques…
Après la dramatique fusillade de Carcassonne, le Président de la République a immédiatement choisi de s’en prendre directement à la hiérarchie et à l’institution militaire dans son ensemble en tenant des propos très violents. Il a notamment dénoncé publiquement « l’amateurisme » du respecté chef d’état-major de l’armée de terre et n’a pas refusé sa démission.
Il est pourtant parfaitement évident que le général Cuche n’était strictement pour rien dans ce qui relève avant tout de la faute individuelle. Nicolas Sarkozy a, avec le plus grand cynisme, choisi d’utiliser l’émotion suscitée par un dramatique fait divers pour remettre au pas une armée mécontente du projet présidentiel de réduction drastique de ses effectifs présenté il y a moins d’un mois.
Jean Louis Gagnaire dénonce l’utilisation cynique d’un malheureux fait divers à des fins politiques. Cette attitude est irresponsable et indigne d’un chef de l’Etat. Cet événement risque d’aggraver malheureusement la crise de confiance entre l’institution militaire et le pouvoir politique.
Les Français attendent d’un chef de l’Etat qu’il fixe la politique générale de la Nation. Nicolas Sarkozy préfère descendre dans l’arène à chaque fait divers en désignant un bouc émissaire.
Selon Nicolas Sarkozy, les juges et les avocats sont responsables de la situation de la justice, les médecins et les infirmières des difficultés de l’hôpital, les malades du trou de la sécurité sociale, les professeurs de l’état de l’éducation nationale… Il ne pose pourtant jamais la question de la responsabilité du pouvoir politique au sein duquel il joue un rôle majeur depuis de longues années.