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Jean Louis Gagnaire

Député de la Loire 2ème circonscription – Vice-président de la région Rhône-Alpes

"Droits et devoirs" des chômeurs: Quels droits?

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Travail – Chômage – Au cours d’un mois de juillet décidément très chargé, la majorité présidentielle adopte discrètement (à la fin d’une session extraordinaire estivale) et rapidement (avec la procédure d’urgence) une nouvelle loi renforçant les sanctions contre les chômeurs. Une fois encore, il s’agit de culpabiliser les chômeurs et de les désigner comme responsables de leur situation… Peut-être pour mieux dissimuler les échecs du gouvernement en matière d’emploi…

La loi sur les « droits et devoirs » des chômeurs introduit une nouveauté principale, la notion « d’offre raisonnable d’emploi » Les chômeurs refusant deux offres de ce type seront radiés des listes du chômage et leur allocation sera supprimée.

Une fois encore, la majorité présidentielle utilise le prétexte de la lutte contre la fraude et des abus ultra-minoritaires pour sanctionner l’ensemble des chômeurs et la très grande majorité d’entre eux pour lesquels cette situation est une épreuve très difficile. Le terme de « raisonnable » constitue une tentative de culpabilisation explicite.

Au bout de 6 mois, chaque personne confrontée au chômage devra accepter les offres d’emplois de l’ANPE correspondant à une rémunération de 85% du revenu antérieur et situées à moins d’une heure de transport ou 30 kilomètre de son domicile. Au bout d’un an, une personne refusant un emploi rémunéré à hauteur de ses allocations chômage sera purement et simplement radiée ! Une fois encore, une très curieuse conception du « travailler plus pour gagner plus » !

Les slogans qu’affectionne Nicolas Sarkozy fonctionnent comme des trompe-l’œil. La loi fait explicitement référence aux « droits et devoirs » dans son intitulé, mais créé exclusivement des devoirs. Un slogan paraissant équilibré et de bon sens cache ainsi une véritable tentative de culpabilisation des chômeurs. L’immense majorité d’entre eux sont victimes de la pénurie d’emplois sur le marché du travail.

La mise en adéquation forcée de l’offre et de la demande en contraignant les chômeurs à accepter des emplois mal rémunérés et très en-dessous de leur qualification ne permettra pas d’influer significativement sur le marché du travail. On peut craindre que cette tentative de culpabilisation des chômeurs constitue l’échappatoire choisi par le gouvernement pour masquer ses échecs. Le discours de la majorité sur le front de l’emploi est d’ores et déjà beaucoup moins volontariste. Pourtant, seule la croissance économique permettra de lutter efficacement et durablement contre le chômage. Depuis l’échec total de la loi TEPA et les 15 milliards d’euros gaspillés en quasi pure perte, il n’est plus question « d’aller chercher la croissance avec les dents », selon l’expression de Nicolas Sarkozy… mais de sanctionner les chômeurs, de les radier et de supprimer leurs allocations.

Les exclus de la société du chômage de masse semblent constituer le parfait bouc émissaire pour un gouvernement qui ne respecte pas ses engagements en matière de croissance et d’emploi.

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