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Jean Louis Gagnaire

Député de la Loire 2ème circonscription – Vice-président de la région Rhône-Alpes

HADOPI : un vote déterminant et une histoire bien inquiétante

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Internet – Hadopi – Alors que nous poursuivons coûte que coûte la bataille des amendements face à un gouvernement et une majorité parlementaire aux ordres, la loi HADOPI fait aujourd’hui l’objet de deux actualités, l’une positive et l’autre négative, qui symbolisent la mort politique de ce projet.

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La bonne nouvelle provient du parlement européen. Malgré les considérables pressions exercées par la France et l’implication personnelle du chef de l’Etat, les députés européens ont finalement voté à une écrasante majorité la version initiale de l’amendement 138 au paquet télécom. L’amendement stipule qu’ « aucune restriction ne peut être imposée aux droits et libertés fondamentaux des utilisateurs finaux sans discussion préalable des autorités judiciaires. » La juridiction d’exception de l’HADOPI est d’ores et déjà en contradiction avec le droit européen.

La mauvaise nouvelle illustre quant à elle les dérives potentielles de l’HADOPI. C’est le journal Libération qui dévoile cette histoire inacceptable. Un citoyen français a adressé un mail privé à sa députée, Madame Françoise de Panafieu, afin de lui présenter toutes ses réserves face à la loi HADOPI. Ce mail a ensuite été transmis au ministère de la culture lequel a commis la faute intolérable de le faire parvenir aux dirigeants de TF1… Il faut préciser que son auteur est un jeune responsable du « pôle innovation web » de la chaîne… La lettre de licenciement qui lui a été envoyée lui reproche le « défaut d’alignement d’un responsable « web » avec la position officielle défendue par la direction ! » Une véritable préfiguration d’une police de la pensée où se mêlent intérêts privés et pouvoir exécutif !

L’HADOPI est politiquement morte. Ce projet techniquement inapplicable et potentiellement tentaculaire rallie tous les suffrages contre lui. Le droit européen s’y oppose, l’opinion publique française également. A l’entêtement, le gouvernement ajoute dorénavant la délation. L’HADOPI est à bout de souffle avant même d’avoir vu le jour.

Les députés de la majorité sont dorénavant face à leurs responsabilités : ils doivent choisir entre un vote de conscience, en respectant le mandat que leur a confié le peuple, et l’alignement sur une promesse ubuesque du président de la République aux principaux tenants de l’industrie culturelle.

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