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Conférence de presse de Régis Juanico et Jean Louis Gagnaire après deux ans de mandat

rj_et_jlg_26_06_2009_ii.jpgAssemblée nationale - en débat - Régis Juanico et Jean Louis Gagnaire ont tenu ce vendredi une conférence de presse après un peu plus de deux années de mandat. L'occasion pour les députés stéphanois de dresser le bilan d'une année marquée par la crise économique et des institutions bousculées par l'exécutif. Retrouvez le compte-rendu.
   

rj_26_09_2009.jpgRégis Juanico a commencé la conférence de presse en évoquant l’ambiance générale à l’Assemblée nationale et le développement d’un certain malaise qui s’étend au-delà des bancs de l’opposition. Après la réforme constitutionnelle et la modification du règlement de l’Assemblée nationale, beaucoup de députés s’interrogent sur le sens de leur mandat alors que leurs pouvoirs se réduisent.

Parallèlement, avec la crise économique et ses conséquences sociales, il apparaît plus utile s’être présents auprès des personnes qui souffrent le plus. Les parlementaires sont de plus en plus sollicités pour les problèmes d’emploi et de logement.

La crise économique génère une très importante vague de licenciements. La Loire est très touchée et les députés craignent tout particulièrement l’été à venir. De nouveaux plans sociaux risquent d’être mis en place, de nombreux salariés seront confrontés à la fin du chômage partiel et 700 000 jeunes vont arriver sur le marché du travail au niveau national.

La mobilisation des élus aux côtés des salariés, avec le concours des collectivités territoriales et de l’Etat, permet parfois de limiter les conséquences des plans sociaux. Les efforts autour de Jean Caby, plus gros plan social de l’année dans la Loire, ont débouché sur un emploi, même temporaire, pour 170 salariés sur 340, ce qui n’était pas évident dans le contexte actuel.

Revenant au plan législatif, Régis Juanico a déploré la méthode de travail imposée par la Présidence de la République. Toujours autant de textes, toujours autant de déclarations d’urgence et souvent la politique du fait accompli. Ce manque de respect pour l’Assemblée nationale est par exemple illustré par la loi Hôpital Santé Patients Territoires. L’Assemblée nationale a été privée d’une deuxième lecture par la déclaration d’urgence alors que le Sénat avait profondément remanié le texte.

La réforme du règlement de l’Assemblée nationale inquiète les députés stéphanois. Elle marque un nouveau recul des droits de l’opposition. Le temps de parole sera dorénavant programmé à l’avance. Par exemple, la discussion sur le projet de loi généralisant le travail dominical ne pourra pas dépasser 40 heures de débat. C’est bien peu de chose pour des enjeux essentiels touchant à la vie de chacun. Le temps de parole habituel des députés passe de cinq à deux minutes et une des trois motion de procédures qui permettent à l’opposition de faire des remarques préalables au débat est supprimée.

L’exécutif cherche à mettre le Parlement au pas comme d’autres contre-pouvoirs, notamment la justice et les collectivités territoriales. Le rôle du Parlement est profondément dévalorisé.

jlg_26_06_2009.jpgJean Louis Gagnaire s’appuie sur l’exemple récent du Grenelle de l’environnement voté par les députés socialistes. Le débat et l’échange d’arguments ont participé à la construction d’un consensus utile au pays. Une telle issue n’aurait vraisemblablement pas été possible avec l’application du nouveau règlement et un examen à marche forcée.

Il déplore que le Parlement fonctionne sur convocation comme lors du Congrès de Versailles. Les parlementaires ont été conviés à la dernière minute pour venir écouter un discours qui n’a pas fait avancer les choses. Le Parlement n’est pas une chambre d’enregistrement. En le réduisant à ce rôle, l’exécutif se prive de l’expertise des députés, élus issus de territoires parfois très différents et représentant ainsi l’ensemble du pays.

Jean Louis Gagnaire relève également la différence entre les discours du chef de l’Etat, que la gauche pourrait parfois partager, et la réalité d’une politique qui nous conduit par exemple à l’allongement de la durée de cotisation pour la retraite.

En peu de temps, les équilibres institutionnels ont été profondément bouleversés. L’effacement total du Premier ministre n’est pas une bonne nouvelle pour la représentation nationale. De même, la hiérarchie historique entre les deux chambres est parfois renversée. Alors que les députés bénéficient par le mode de scrutin d’une légitimité plus forte, l’exécutif laisse parfois le dernier mot au Sénat comme à l’occasion de la réforme de l’hôpital.

L’Assemblée est contrainte à un travail précipité, à une suractivité qui empêche l’évaluation correcte des projets de loi. Régis Juanico évoque l’exemple de la mise en œuvre du RSA qui soulève déjà de grosses difficultés.

Le travail précipité empêche aussi l’opinion de bien comprendre les enjeux. Tout le monde croit que la nouvelle version de l’extension du travail dominical que défend le gouvernement ne concerne que quelques dérogations alors que son application est très large.

Jean Louis Gagnaire explique que Lyon est concernée, mais aussi Saint-Etienne qui a obtenu l’année dernière le label de « commune touristique »

Les députés reviennent ensuite sur la situation dans les quartiers. La tension sociale est importante alors que le chômage frappe tout particulièrement leurs habitants et qu’il est de plus en plus difficile de partir en vacances. Le manque de soutien de l’Etat aux associations participe aussi à la dégradation des conditions de vie.

Une inquiétude également sur l’avenir de l’A45. Jean Louis Gagnaire espère que Michel Mercier n’utilisera pas ses fonctions ministérielles pour bloquer un projet qui ne concerne que marginalement des cantons du Rhône. L’intérêt général doit primer. Dans l’attente, il est urgent d’accélérer les travaux de requalification de l’A47 et de porter l’effort sur le ferroviaire.

Il évoque ensuite le cas de l’Espagne. Alors que la crise y est très sévère avec l’effondrement de l’immobilier, le gouvernement de Zapatero réoriente les financements publics vers les grandes infrastructures. Dès la fin de l’année 2010, l’Espagne comptera plus de lignes grande vitesse que la France pourtant longtemps en avance en la matière. Les transports en commun sont particulièrement attractifs de l’autre côté des Pyrénées grâce à des tarifs beaucoup plus accessibles.

Jean Louis Gagnaire conclut en faisant part de son inquiétude quant à la politique économique de Nicolas Sarkozy. La gestion est aberrante. Avec le lancement de l’emprunt, les bénéficiaires du bouclier fiscal, que le gouvernement refuse de remettre en question malgré la crise, pourront investir l’argent que leur rembourse l’Etat en souscrivant à un placement très bien rémunéré ! Il dénonce une fuite en avant des déficits et l’absence de réforme structurelle. Cette irresponsabilité conduira nécessairement et rapidement à faire payer la facture aux citoyens.

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