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Jean Louis Gagnaire

Député de la Loire 2ème circonscription – Vice-président de la région Rhône-Alpes

Interpellation de Vittorio de Filippis, ancien directeur de la publication de Libération

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Média - Jean Louis Gagnaire, député de la Loire, dénonce l’interpellation musclée et volontairement humiliante dont M. de Filippis, ancien directeur de la publication de Libération, a fait l’objet dans le cadre d’une procédure déclenchée à son encontre pour diffamation.

La disproportion des moyens utilisés (interpellation à son domicile à 6 heures 40, devant ses enfants, insultes, menottes, double fouille au corps…) dans le cadre d’une banale affaire de diffamation, délit seulement passible d’une amende, est un signe supplémentaire des rapports compliqués que le pouvoir entretient avec la liberté de la presse.

Cette interpellation s’inscrit en effet dans un contexte particulier. Depuis deux ans, les perquisitions aux sièges des journaux et les mises en examen de journalistes sont de plus en plus fréquentes. Les procédures en diffamation se multiplient, à l’image d’un Président de la République qui n’hésite pas à y recourir personnellement rompant ainsi avec la tradition de notre République.

Les initiatives émanant directement du pouvoir exécutif vont dans le même sens avec un projet de loi ambigu et contesté sur la protection des sources des journalistes ou encore l’organisation d’états généraux de la presse qui risquent d’aboutir à une remise en cause du statut de journaliste. Le Président de la République fait passer en ce moment même au Parlement un projet de loi qui lui permettra de nommer directement les présidents des sociétés de l’audiovisuel public. L’éventualité d’une privatisation de l’AFP est également posée.

Dans un tel contexte de méfiance du pouvoir vis-à-vis de la presse, comment ne pas voir l’interpellation brutale et humiliante de M. de Filippis comme le signe d’une volonté de banaliser certaines pratiques et d’intimider la profession ?

Le code de procédure pénal prévoit que « les mesures de contrainte doivent être strictement limitées aux nécessités de la procédure, proportionnées à la gravité de l’infraction reprochée et ne pas porter atteinte à la dignité de la personne » Il a manifestement été violé.

Outre le recul démocratique que constitue par nature toute restriction à la liberté de la presse, l’atteinte à la dignité de la personne semble de plus en plus facilement tolérée. C’est insupportable. Nous avons le devoir de ne pas accepter la banalisation de certaines pratiques judiciaires et policières qui s’émancipent de l’esprit de la loi comme de sa lettre.

Dans ces conditions, il est indispensable que le Parlement et en particulier l’Assemblée nationale examine l’affaire Filippis et au-delà analyse les dérives judiciaires auxquelles on assiste en contradiction complète avec la volonté du législateur.

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Publié dans Presse