Politique – La nomination au gouvernement de Michel MERCIER, Président du Conseil général du Rhône ne doit pas constituer un frein à la réalisation de l’A45.
Après l’annonce de la création, selon le souhait du Président de la République, d’un Ministère de l’Espace Rural et de l’Aménagement du Territoire, je m’interroge, à la lumière des propos récents du Président du Conseil général du Rhône, sur la volonté réelle du gouvernement d’avancer rapidement sur le dossier de l’A45.
Cet équipement, déclaré d’utilité public en juillet 2008, bénéfice de l’adhésion quasi unanime de l’ensemble des décideurs politiques et économiques de notre département et constitue un enjeu majeur d’attractivité et de vitalité pour le développement économique de notre territoire.
Comme je l’ai indiqué après-midi avec Jean-Louis BORLOO, Ministre d’Etat, lors d’un échange que nous avons eu à l’Assemblée nationale, je souhaite que notre nouveau Ministre appréhende l’importance des enjeux rattachés aux territoires, qu’ils soient ruraux, périurbains ou urbains.
Jean Louis Gagnaire
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A45 – L’inquiétude s’accentue dans la Loire
La nomination du président du conseil général du Rhône, Michel Mercier, au ministère de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire ne va pas apaiser les craintes des défenseurs du projet autoroutier
De ce côté-ci du Rhône, on ne peut pas dire que la nomination de Michel Mercier au ministère de l’Aménagement du territoire a fait sauter au plafond le milieu économico-politique. Bien au contraire, cela ressemble à un coup de massue.
C’est que Michel Mercier, président du conseil général du Rhône qu’il restera – est bien connu pour ses prises de positions contre le projet de l’A45. Et cette arrivée au gouvernement est donc perçue comme un nouveau pavé lancé dans la marre des défenseurs du projet. Comme si la situation existante n’était pas à leurs yeux, déjà suffisamment difficile.
Petit retour en arrière. En juillet dernier, Jean-Louis Borloo avait fini par signer le décret d’utilité publique (DUP) de cette autoroute. « Nous avions poussé un grand ouf de soulagement » se souvient aujourd’hui, Jean Louis Gagnaire, vice-président de la Région et député PS. « Nous », c’est-à-dire, l’ensemble des élus du monde politique, consulaire et de la société civile. « Alors que l’on approche du premier anniversaire de la DUP, on s’aperçoit, que rien n’a bougé. L’appel d’offres européen n’a pas été lancé » poursuit l’élu. Forcément l’arrivée de Michel Mercier dans le gouvernement n’est pas de nature à le rassurer. « Nous sommes inquiets en effet. Toujours président du conseil général du Rhône, il n’est pas complètement neutre sur ce dossier. J’espère que l’intérêt d’un territoire passera au-dessus de celui d’une partie de l’ouest lyonnais ».
Pour André Mounier, président de la Chambre de commerce de Saint-Étienne/Montbrison, « Michel Mercier fait parti désormais d’un gouvernement favorable à l’A45. J’attends de lui qu’il en applique la discipline ». André Mounier fait observer que seul le conseil général du Rhône s’oppose à ce projet : « Je ne vois pas comment un homme aurait raison contre tous ».
Le président de la CCI n’oublie pas non plus de rappeler que « Michel Mercier, en 1998, avait fait délibérer le conseil général du Rhône en faveur de l’A45. Je sais qu’en son for intérieur, il est convaincu de la nécessité de cette infrastructure ».
Maurice Vincent fut le premier à réagir, mercredi soir, à cette nomination. Le président de Saint-Étienne Métropole a rappelé hier qu’il attendait toujours le rendez-vous qu’il a demandé, avec le président du conseil général, à Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie. Afin de montrer sa détermination Maurice Vincent souhaite aussi qu’une initiative commune, de l’ensemble des élus et des décideurs économiques, soit prise dans les tous prochains jours « pour montrer notre détermination ».
De son côté le président du conseil général de la Loire se dit « très satisfait » de la nomination de Michel Mercier à ce poste. « Un ministre de l’Aménagement du territoire travaille pour doter les Français de services et d’infrastructures de qualité. Michel Mercier va donc nous aider à mettre en place l’A 45, comme prévu », se persuade Bernard Bonne. Exerçant une sorte de « pression amicale mais volontaire » sur le nouveau ministre, Bernard Bonne est convaincu que Michel Mercier « va évoluer sur ce dossier, pour l’intérêt général. Nous avons besoin de nous rapprocher du Rhône dans des conditions normales et modernes ». Autant d’éléments que Bernard Bonne a écrit dans un courrier adressé au ministre. Dans ce concert de klaxons, un son dissonant se fait entendre. Celui de Pascal Garrido, maire de La Talaudière, qui voit la nomination de Michel Mercier d’un bon œil : « ça pouvait être pire. Je vais lui téléphoner pour lui rappeler sa position sur l’A45 ». Pascal Garrido s’est opposé au projet depuis que l’enfouissement du tronçon du droit de La Talaudière a été abandonné en raison des coûts.
Jacques Perbey et Dominique Goubatian, La Tribune Le Progrès, 26 juin 2009
