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Jean Louis Gagnaire

Député de la Loire 2ème circonscription – Vice-président de la région Rhône-Alpes

Retraites : ouvriers et employés vont supporter tout le poids de la réforme

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Retraites - Comme on le pressentait au sujet de son projet de réforme des retraites, le gouvernement n’a qu’une seule idée en tête : en finir avec la retraite à 60 ans et reculer l’âge légal de la retraite à 62 ou 63 ans. Eric Woerth et François Fillon ont été obligés de le reconnaître devant l’Assemblée nationale.

C’est la mesure la plus inéquitable et la plus injuste du projet de réforme. Le recul de l’âge légal de la retraite pénalisera les ouvriers et les employés qui ont été contraints de commencer à travailler jeune. Ce sont encore eux qui devront travailler plus, alors qu’ils ont les métiers les plus pénibles. Ce sont encore eux qui devront acquitter le poids principal de l’effort alors que les rentiers et les fortunés resteront protégés par le bouclier fiscal.

La solution du report de l’âge légal de la retraite est aussi un mensonge économique. Quand 65% des salariés de plus de 50 ans n’ont plus accès à l’emploi comme c’est le cas actuellement, la charge économisée sur les retraites sera transférée sur l’assurance chômage ou sur les minima sociaux.

Pire encore, le gouvernement est en train d’enterrer le débat sur la pénibilité. Eric Woerth propose qu’elle soit définie sur des critères individuels et non sur la base du métier. Comment un salarié pourra-t-il faire valoir la pénibilité de son activité ? Auprès de qui ? Qui en décidera ? L’équation est totalement insoluble.

Comme la réforme Balladur adoptée en plein mois d’août, comme la réforme Fillon votée en juillet, le calendrier du gouvernement vise à empêcher tout débat public en programmant le passage de la loi en commission en plein été, lorsque la plupart de nos concitoyens sont en vacances et que l’Assemblée ne siège plus. La réforme sera présentée en Conseil des ministres le 17 juillet. Les commissions parlementaires sont sommées de l’étudier en 3 jours la semaine suivante. Quant au débat en séance publique, il sera expédié en quinze jours début septembre avec l’utilisation de la procédure d’urgence et du temps programmé. Une manière d’empêcher toute contestation.

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