Economie – 3 questions à Jean Louis Gagnaire dans le cadre du lancement de Rhône-Alpes Création 2, le fonds d’investissement sur l’amorçage et la création d’entreprise à l’initiative de la Région.
Pouvez-vous nous rappeler quelles sont les lignes directrices de la politique régionale en matière d’aide et d’accompagnement de jeunes entreprises innovantes ?
Avec l’adoption de la Stratégie Régionale de Développement Economique et d’Innovation pour la période 2011-2015, nous avons réaffirmé le caractère déterminant de l’innovation pour nos politiques de développement économique. L’innovation, c’est une tradition historiquement très ancrée en Rhône-Alpes et une véritable clé pour le futur d’une grande région industrielle comme la nôtre.
Nos politiques en la matière sont guidées par la nécessité d’apporter des réponses aux besoins spécifiques des entreprises innovantes. Depuis 2008, nous pouvons compter sur une structure dédiée avec l’Agence Régionale du Développement et de l’Innovation. Nous avons également développé un ensemble de dispositifs de financement et d’accompagnement sur tous les moments cruciaux de la vie d’une entreprise innovante, incubation, amorçage, création, développement, reprise et transmission.
Bien entendu, les phases d’amorçage et de création sont absolument déterminantes et nous disposons dorénavant de plusieurs outils de financement majeurs. Sur le bas de bilan, la plateforme Inovizi est opérationnelle depuis 2010 et monte aujourd’hui en puissance. Sur le haut de bilan, le lancement de Rhône-Alpes Création 2 va nous permettre de poursuivre et de renforcer le travail entrepris depuis 1990 en amorçage et en capital-risque. Le prêt participatif d’amorçage Idéclic Potentiel + avec Oséo permet de financer le premier développement d’entreprises innovantes à fort potentiel de croissance.
Quel bilan tirez-vous de l’action du premier véhicule Rhône-Alpes Création ? Quel rôle a-t-il joué dans l’économie régionale ?
Pendant plus de vingt ans, Rhône-Alpes Création 1 a apporté les financements nécessaires à certains projets en capital-risque et en amorçage et a joué un rôle d’effet de levier important avec de nombreuses opérations en co-financement. RAC a assuré le financement de plus de 220 entreprises innovantes et rendu possibles de nombreux projets.
C’est une expérience très positive qui illustre l’utilité de l’intervention publique sur les financements en fonds propres face à des besoins déterminés. La réussite de RAC conforte également son positionnement tant sur les volumes que sur les secteurs ciblées en amorçage.
C’est sur la base de ce bilan que nous avons souhaité créer le Fonds Régional d’Investissement destiné à des entreprises en développement avec une cible sur des tickets moyens (de 100 000 à 600 000 euros)
Quelles sont les attentes (et ambitions) de la Région Rhône-Alpes avec la mise en place d’un nouveau véhicule d’investissement pour la période 2012/2026 ?
Avec Rhône-Alpes Création 2, nous disposerons d’un outil déterminant pour répondre à deux grands enjeux qui se posent aujourd’hui avec une force inédite.
Dans un contexte économique marqué durablement par le resserrement des financements, la puissance publique devra jouer un rôle beaucoup plus direct en matière de financement des entreprises et de l’activité économique. Les échanges et débats se poursuivent sur les formes que prendra la future structure publique d’investissement et je crois qu’il y a aujourd’hui une véritable prise de conscience sur le rôle que pourront jouer les régions pour définir des politiques économiques de nature stratégique et assurer leur articulation avec les besoins propres aux bassins économiques.
Pour une Région comme Rhône-Alpes, caractérisée non seulement par de grandes filières avec des entreprises importantes mais également par un dense tissu de PME industrielles, des capacités d’intervention plus fortes représenteraient un atout important.
Par ailleurs, Rhône-Alpes peut se féliciter de sa situation sur l’innovation. L’Union Européenne en fait l’une de ses cinq priorités pour la période 2014-2020 avec le programme Horizon 2020 et nous disposons de bonnes bases avec par exemple une part du PIB investie en recherche et développement de 2,6% pour une moyenne nationale de 2%
Rhône-Alpes Création 2 se situera naturellement au croisement de deux des grandes thématiques qui guident nos politiques économiques sur la période, l’innovation et l’ambition industrielle.