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Formation des maîtres nageurs

piscine.jpgAssemblée nationale - questions au gouvernement - Jean Louis Gagnaire interpelle la ministre de la santé et des sports sur la future réforme de la formation des maîtres nageurs. Le projet du gouvernement prévoit une formation plus chère et une plus grande séparation des missions d'enseignement et de surveillance. Il pourrait aggraver le manque d'effectifs habilités à apprendre à nager que l'on déplore déjà.
   

Question n° 01-74540
 
M. Jean-Louis Gagnaire attire l'attention de Mme la ministre de la santé et des sports sur la formation des maîtres nageurs et sur le manque d'effectifs.
  
L’Institut de Veille Sanitaire a dénombré 284 morts par noyade entre le 1er juin et le 30 août 2009, soit une moyenne de 21 morts par semaine. La plupart de ces personnes, enfants et adultes, ne savaient pas nager.
  
Ce bilan pose, une fois de plus, le problème de l’apprentissage de la nage en France et donc des effectifs et de la formation des maîtres nageurs.
 
Depuis plus de 10 ans, il est devenu très difficile d’apprendre à nager avec un maître nageur sauveteur dans les petites et moyennes communes. 50 % des enfants ne peuvent pas apprendre à nager à cause de la distance séparant leur domicile de la piscine la plus proche. En outre, les communes, hôtels et campings  rencontrent de plus en plus de difficultés pour recruter des maîtres nageurs habilités à enseigner à cause du manque de titulaires du BEESAN-MN.
 
Le ministère prépare actuellement une réforme consistant en la suppression du brevet de maître nageur sauveteur lequel serait remplacé à partir de 2013 par un brevet professionnel éducation populaire et sports (BJEPS) Ce futur brevet professionnel habilitant à enseigner serait délivré au terme d’une formation de quinze mois présentant un coût encore plus élevé qu’aujourd’hui et donc prohibitif. Il représenterait ainsi un obstacle rédhibitoire, notamment pour tous ceux qui voudraient avoir une activité saisonnière de maître nageur.
 
Cette réforme pourrait donc renforcer le manque d’effectifs enseignants ainsi que la séparation des qualifications de surveillant et d’enseignant. Beaucoup d’employeurs seraient alors contraints à se tourner vers des surveillants n’ayant pas le droit de dispenser des cours de natation.
 
Plutôt que de séparer les missions, il apparaîtrait plus utile, pour la sécurité des baignades, de construire le système de formation autour de deux impératifs :
 
La prise en compte du manque d’effectifs enseignants en liant fermement les missions de surveillance, de sauvetage et d’enseignement.
  
Le caractère saisonnier d’une partie importante de l’activité en distinguant un brevet professionnel avec une formation d’une année et une formation sur quelques semaines pour satisfaire aux besoins de l’été.
 
La future réforme doit avoir l’objectif de doter notre pays d’un nombre suffisant de personnels capables de surveiller, de sauver et d’enseigner pour répondre aux besoins des piscines publiques et privées, en été comme en hiver.
  
Il lui demande quel est l’état du projet et de la réflexion du gouvernement sur le sujet, son analyse sur ces propositions et les mesures envisagées afin de permettre au plus grand nombre d’apprendre à nager.


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