Pour défendre les franchises, le gouvernement a axé son argumentation autour de deux thèmes. D’une part, il s’agirait de « responsabiliser » les assurés sociaux contre la surconsommation de médicaments. Pourtant, les victimes d’un accident de la circulation ou les personnes handicapées compteront parmi ceux qui payeront le plus les franchises. Ces personnes ne sont bien entendues pas responsables de leur souffrance. Il est inacceptable d’avoir intégré les pathologies lourdes et les pathologies accidentelles dans le cadre de cette « responsabilisation ».
D’autre part, le produit des franchises, évalué à 850 millions d’euros, devait financer le Plan Alzheimer. Sur le principe, il est inadmissible de faire payer des malades par d’autres malades. Quant à l’efficacité du dispositif, rien n’a été prévu pour orienter l’argent vers le financement des personnes âgées. L’argent disparaît directement dans les caisses de l’assurance maladie… selon le même principe que la vignette auto qui devait financer les allocations vieillesse. Cet argument apparaît malheureusement comme une simple opération de communication pour rendre les franchises acceptables par l’opinion publique.
Les franchises médicales ne servent pas spécifiquement à financer le plan Alzheimer. Elles seront payées le plus par les personnes les plus malades et non responsables de leur situation. Elles risquent de nourrir le phénomène de renonciation aux soins que l’on déplore déjà. Toujours dans le domaine de la santé, la future réforme de l’hôpital risque de conduire à la fermeture de nombreux hôpitaux de proximité.
EN BREF
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Les franchises médicales : 50 centimes par boîte de médicaments, 50 centimes par acte paramédical, 2 euros par transport sanitaire avec un plafond annuel de 50 euros par assuré.
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Jean Louis Gagnaire a adressé une question au gouvernement le 11 décembre dernier afin de préciser les intentions du gouvernement, sa question est restée sans réponse.