Convertir en PDF Version imprimable Adresse mail
Image

Repos dominical : le « travailler toujours » de Nicolas Sarkozy en échec

Communiqué de presse du 10 décembre 2008 sur la proposition de loi relative au travail dominical
  

La proposition de loi du député UMP Richard Maillé portant la volonté de Nicolas Sarkozy de supprimer le principe du repos dominical ne sera probablement pas examinée par l’Assemblée nationale avant la fin de l’année. La mobilisation des députés de l’opposition et les protestations de citoyens de plus en plus nombreux ont permis d’obtenir cette première victoire.
   
chaplin_les_temps_modernes.jpgJe m’oppose pour ma part à cette proposition de loi depuis son dépôt à l’Assemblée nationale. Je n’accepte pas le projet de société de Nicolas Sarkozy qui consiste à demander au plus grand nombre de travailler plus toute la semaine pour subvenir à ses besoins le dimanche et aux personnes aux plus petits revenus de travailler le dimanche afin de survivre.
  
J’ai adressé dès décembre 2007 une lettre ouverte aux commerçants et artisans de ma circonscription et aux organisations professionnelles afin de leur exposer les raisons de mon opposition à la suppression du repos dominical.
  
Je me réjouis que l’ensemble des parlementaires de l’opposition rejoint par des députés de la majorité aient compris l’importance de l’enjeu. Nous livrerons une bataille parlementaire sans réserves, mais la mobilisation de tous reste nécessaire afin d’enterrer un projet qui touche au droit au repos, un fondement de notre civilisation.
   
                                                                                                                     Jean Louis GAGNAIRE
  


Les principales raisons de mon opposition à la suppression du repos dominical :
  
C’est une absurdité économique et environnementale 
  
Les arguments économiques du Gouvernement qui font reposer une éventuelle relance de la consommation sur l'ouverture des commerces le dimanche sont inopérants. Déjà confrontés à une baisse continue de leur pourvoir d'achat, les consommateurs ne dépenseront pas plus d'argent avec un jour ouvré supplémentaire. Si le doublement des salaires, qui ne concernerait que ceux qui ne travaillent pas déjà le dimanche, était totalement respecté cela se traduirait inévitablement par une augmentation des coûts… et donc par une augmentation des prix pour les consommateurs. 
  
L’ouverture des centres commerciaux le dimanche, même limitée aux grandes agglomérations de Paris, Lyon, Lille ou Marseille constituerait une mise en concurrence déloyale entre les grandes surfaces et les commerçants et artisans. Seules les grandes enseignes auraient les moyens financiers, logistiques et humains d'assurer une ouverture dominicale. Par effet de contamination, les conséquences se feraient sentir sur tous les territoires voisins. Ainsi, l’agglomération stéphanoise pourrait redouter un « siphonage » de la clientèle vers la zone commerciale de Givors distante de quelques kilomètres… mais intégrée à la communauté urbaine de Lyon!
  
On peut également s’interroger, à l’heure du Grenelle de l’environnement, sur l’impact environnemental de l’ouverture sept jours sur sept des centres commerciaux situés en périphérie des grandes agglomérations, là où l’on ne peut pas accéder autrement qu’en voiture.
  
  
C’est un non sens social
  
La notion de volontariat sur laquelle la proposition de loi fait reposer le travail dominical est impossible à vérifier. Parmi les salariés qui ne sont pas hostiles au travail le dimanche, on trouve les plus vulnérables, ceux qui sont près à accepter la précarité comme remède à leur situation, a fortiori en période de crise (chantage au chômage, pouvoir d’achat en berne...) Le doublement du salaire promis en échange ne repose du reste sur aucune obligation légale.
  
Chacun sait que ce n’est pas un texte de loi qui établira la frontière entre la volonté, la nécessité ou la contrainte. Ce n’est pas un texte qui mettra « des bornes » au travail dominical quand Laurence Parisot, présidente du MEDEF, affirme  qu’un « droit de refus » des salariés dans la proposition de loi sur le travail dominical serait « une rigidité de plus » (8 décembre 2008 sur Europe 1)
  
 
C’est la négation de notre civilisation
  
Le gouvernement s'oppose au repos dominical au nom de la liberté du travail et de la laïcité. Ce sont exactement les mêmes arguments qui avaient conduit à une première suppression le 12 juillet 1880 ! La loi du 13 juillet 1906 avait ensuite réinstauré le repos hebdomadaire sur le principe de 24 heures de repos après 6 jours de travail. Ce jour de repos, fixé au dimanche par l'article 2 de la loi, visait à permettre les retrouvailles de la famille car il s’agissait d’un jour de repos en commun. Au-delà du problème des conditions de travail, le repos dominical est un enjeu de société.
  
Au nom de la « liberté de travailler », le gouvernement pourrait générer une véritable déstructuration sociale. Le dimanche joue un rôle majeur dans la société française. C'est le jour de la famille, de l'éducation des enfants, le jour des pratiques sportives et associatives ou religieuses pour ceux qui le souhaitent. Ne peut-on pas concevoir un jour dans la semaine préservé de la société de consommation devenue sans limites ?


Wikio !Voter pour cet article !Digg!Google!Facebook!Del.icio.us!
 
Précédent   Suivant

Travail et social

Institutions et justice

JSN ImageShow - Joomla 1.5 extension (component, module) by JoomlaShine.com