Agriculture - Depuis la mi-août et jusqu’au 29 août, une ferme provisoire s’est installée place Jean Jaurès à Saint-Etienne. Cette initiative de la Confédération paysanne 42, vise à illustrer le désarroi des producteurs de lait notamment de notre département. Jean-Louis Gagnaire les a rencontré le lundi 24 aout.
Le prix du lait actuellement payé aux producteurs subit depuis le début de l’année une baisse brutale. Il se situe aujourd’hui à un niveau historiquement bas. Dans le même temps, les prix payés par les consommateurs n’ont connu aucun mouvement de baisse significative.
Les causes de cette situation sont connues :
- La dérégulation du marché du lait au moment des accords de la PAC en 2003 et la disparition des quotas laitiers programmée dès cette date ;
- La remise en cause en 2008 des mécanismes de fixation du prix du lait au sein de l’interprofession laitière, au détriment des producteurs ;
- La fin des quotas laitiers en 2015 qui provoquera une très forte restructuration de la production laitière et dont les effets commencent déjà à se faire sentir y compris dans notre département avec de nombreuses cessations d’activités.
L’accord conclu à l’arraché le 3 juin au soir au sein de l’interprofession laitière est extrêmement décevant. Après trois semaines de mobilisation, l’accord obtenu par l’ancien Ministre de l’agriculture Michel Barnier, à seulement quelques jours des élections européennes, à aboutit à un prix de 280 € par tonne dans le meilleur des cas pour les producteurs. C’est un prix bien inférieur aux 330 € considérés comme le seuil minimum nécessaire pour rémunérer le travail des éleveurs.
L’UMP a fait le choix de la dérégulation et de la concurrence, au détriment des producteurs et des consommateurs. Cette évolution aboutira inexorablement à concentrer la production laitière au profit d’une minorité et tourne le dos à une agriculture durable.
Jean Louis Gagnaire demande au nouveau Ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire, de se saisir de ce dossier afin que soient mises en œuvre le plus rapidement possible les mesures suivantes :
- Le rétablissement des mécanismes de régulation des prix au sein de l’interprofession laitière ;
- La réouverture à l’échelle européenne des discussions sur les quotas avec pour objectif la prorogation du système actuel au-delà de 2015 ;
- La mise en place d’un vrai observatoire des marges qui fasse enfin la lumière sur les marges bénéficiaires constatées dans la grande distribution.
